Logement insalubre

Il y a quelques semaines un violent incendie s’est déclaré dans un immeuble dégradé de la rue Marius Jacotot. Plus récemment, la dernière habitante d’un immeuble insalubre de la rue Jean Jaurès dédié à la démolition pour la réalisation d’un programme immobilier a vu son appartement muré et un début d’incendie se déclarer dans la cour.

Ces cas ne sont pas isolés. Autour de nous, à Puteaux, de nombreuses familles vivent dans des immeubles très dégradés, voir insalubres. 

Ces situations nous ont amené à engager un recensement des immeubles les plus dégradés de Puteaux. 

L’objectif de ce recensement est de montrer l’ampleur de ce problème dans notre ville, pourtant l’une des plus riches de France en terme de budget communal rapporté au nombre d’habitants.

 

Nous avons recensé à Puteaux plus d’une vingtaine d’immeubles fortement dégradés, dont certains sont même en situation de péril imminent. Ces immeubles sont habités.

Les immeubles que nous avons recensés se trouvent essentiellement au centre-ville de part et d’autre de la rue Jean Jaurès, l’un des grands axes commerciaux de Puteaux. L’autre secteur touché se trouve au nord du rond-point des Bergères où se trouvent de nombreux immeubles dégradés ayant été rachetés par l’EPADESA ou par la ville, destinés à la démolition dans le cadre de la réalisation de la ZAC des Bergères. 

Bien que la plupart de ces immeubles fassent partie du parc privé de logements, les collectivités locales, et en particulier la ville, doivent agir afin de ne pas laisser vivre de nombreuses familles dans des conditions indignes.

La ville de Puteaux ne dispose pas de SCHS (Service communal d’hygiène et de sécurité). C’est donc l’ARS (Agence régionale de santé) qui est chargée de prendre de prendre des arrêtés d’insalubrité. Il en existe deux types :

  • arrêté remédiable d’insalubrité : les travaux sont possibles. Les locataires sont alors autorisés à ne plus payer de loyer au propriétaire. Ce dernier est sommé de réaliser les travaux de rénovation de l’immeuble. Le cas échéant, le maire ou le préfet peut réaliser les travaux, aux frais du propriétaire (majorés d’intérêts) qui peut également être poursuivis en justice
  • arrêté irrémédiable d’insalubrité : les travaux seraient plus coûteux que la reconstruction de l’immeuble. Les lieux sont définitivement inhabitables. Le propriétaire doit alors assurer le relogement définitif des habitants. En cas de défaillance, le maire ou le préfet se charge du relogement. Le maire ou le préfet peut également engager la démolition de l’immeuble suite au relogement des occupants.

Au cours de cette enquête, nous avons rencontré des habitants de ces immeubles fortement dégradés et certains ont accepté de témoigner sur leur situation, nous accueillant chez eux et nous montrant des documents édifiants quant à l’inaction des pouvoirs publics sur leur situation. Nous avons également pris contact avec l’ARS pour faire un état de la situation de chacun des immeubles et les alerter de certains nouveaux cas.

 


Repérage des immeubles

 


3 rue Marius Jacotot

Un incendie s’est déclaré dans cet immeuble le 13 mai 2016. Il s’agit d’un immeuble privé. L’ARS nous indique que le 3 rue Marius Jacotot va faire prochainement l’objet d’une procédure d’insalubrité.

 


4-6 rue Agathe

Il s’agit d’un immeuble privé dans lequel vivent plusieurs familles. Un arrêté remédiable d’insalubrité a été pris il y a quelques années dans cet immeuble, permettant aux occupants de ne plus avoir à payer de loyer. Sommé de faire des travaux, le propriétaire n’a pas réagit. Pouvant se substituer au propriétaire défaillant, la ville et la préfet n’ont pas non plus souhaité réaliser les travaux, si bien que la situation est bloquée et que l’immeuble continue à se dégrader. L’ARS nous a indiqué qu’elle envisageait de prendre désormais un arrêté irrémédiable d’insalubrité afin d’obliger les pouvoirs publics à reloger ces habitants. Le relogement se fera certainement dans d’autres communes des Hauts-de-Seine et l’immeuble sera alors démoli.

Selon nos informations, ces logements sont occupés depuis plusieurs années par des familles avec des enfants dont certains souffrent d’importants problèmes d’allergie. 

 


17-19 rue Collin

Cet immeuble se trouve en plein coeur de ville, à l’arrière du McDonald’s et du Monoprix. La ville est propriétaire de plusieurs appartements de cet immeuble. L’ARS nous indique que le 17-19 rue Collin vient de faire l’objet d’un arrêté d’insalubrité irrémédiable pour le bâtiment D.

 


111 rue Jean Jaurès

Cet immeuble donnant sur la rue Jean Jaurès, en plein centre-ville, au dessus du Monceau Fleurs est assez contrasté avec un façade sur rue un peu fatiguée, mais non insalubre alors que l’arrière présente une façade très dégradée laissant apparaître de nombreuses fissures et traces d’humidité.

 


63 rue Jean Jaurès

 

Ces immeubles fortement dégradés ont été vendus à Vinci Immobilier par la ville pour la réalisation d’un programme immobilier nommé Eloquence.

Une habitante, Janine, habite toujours dans l’un des appartements de cet immeuble. En août 2016, le propriétaire du logement a muré l’entrée de son immeuble et a entassé des ordures dans la cour intérieure. Janine attend depuis des années un relogement. Elle fait partie des Putéoliens mal logés, ayant obtenu des jugements en leur faveur, que l’office HLM, la mairie et la préfecture refusent de traiter. Son logement est inhabitable. Elle a obtenu plusieurs jugements en sa faveur et son dossier DALO est validé. Elle est donc prioritaire pour un relogement social. Fin octobre 2016, un incendie se déclare à l’extérieur de l’appartement du rez-de-chaussée occupée Janine, sauvée in extremis par les pompiers. Début novembre 2015, des membres de l’association CAP assistent Janine tout au long d’un weekend au cours duquel une solution est trouvée avec Vinci Immobilier pour son relogement temporaire dans un hôtel de Puteaux.

 


138 rue Jean Jaurès

Immeuble insalubre.

 


162 rue Jean Jaurès

Immeuble insalubre.

 


17-19 boulevard Richard Wallace

L’ARS indique que l’immeuble a déjà fait l’objet fait l’objet de procédures ponctuelles relatives à l’insalubrité pour certains logements.

 


102-104 rue Jean Jaurès

Immeuble insalubre.

 


112 rond-point des Bergères

Situé sur le rond-point des Bergères, cet immeuble est destiné à la démolition afin de laisser place à de nouvelles construction dans le cadre de la ZAC des Bergères. Il se trouve sur la partie nord du rond-point (secteur Charcot). C’est la raison pour laquelle l’immeuble a longtemps été la propriété de l’EPAD, aménageur sur ce secteur. Le bien était alors entretenu, mais les choses se sont dégradés depuis la cession de l’immeuble à la ville lorsque celle-ci s’est vu confié l’aménagement du secteur Charcot dans le cadre de la ZAC des Bergères. Nous avons pu rencontrer plusieurs habitants de cet immeubles, dont des familles. Bien que la ville perçoive des loyers de la part des locataires (environ 500 euros pour un 40m2), elle n’assume pas ses obligations de propriétaire puisqu’elle a cessé tout entretien dans les parties communes : ménage, changement des ampoules, etc par les habitants eux-mêmes. Humidité, électricité pas aux normes, absence de chauffage, fissures inquiétantes sur la façade sur cour, chute de partie de la façade sur rue (un filet a été installé). Cette situation donne l’impression que la ville laisse « pourrir » la situation, en attendant que les habitants s’en aillent d’eux-mêmes d’ici la démolition.

Nous avons contacté l’ARS au sujet de cet immeuble. Le bâtiment étant destiné à être démoli dans le cadre de la ZAC des Bergères, aucun arrêté d’insalubrité n’a été pris et ne sera pris dans cet immeuble, alors que plusieurs habitants y vivent dans des conditions difficiles.

 


20 rue Roque de Fillol

Immeuble insalubre, en état de péril imminent. Des barrière de sécurisation ont été mises en places et des travaux semblent depuis en novembre 2016. L’ARS indique que l’immeuble a déjà fait l’objet fait l’objet de procédures ponctuelles relatives à l’insalubrité pour certains logements.

 


48 rue Jean Jaurès

Cet immeuble, dont nous avons pu visiter quelques appartements, présente une façade qui pas très abîmée est en réalité à la limite de la salubrité. L’ARS indique que l’immeuble a déjà fait l’objet fait l’objet de procédures ponctuelles relatives à l’insalubrité pour certains logements.

 


10 rue Gerhard

Un logement est vétuste et insalubre avec beaucoup d’humidité.

 


14 rue Gerhard

Un logement est vétuste et semble qu’il est impropre à la l’occupation. Selon nos informations, une famille (5 personnes dont un enfant handicapé) vit un dans un studio depuis des années. Les multiples demandes de logement n’aboutissent pas.

 


8 rue Saulnier

Un logement insalubre occupé par une famille avec des enfants. Les multiples demandes de logement n’aboutissent pas.

 


16 rue Arago

Immeuble très dégradé et occupé par des familles. 

 


32 bis rue Godefroy

Immeuble très dégradé.

 


7 rue Charcot

Un pavillon insalubre et humide appartenant à la ville, destiné à être démoli dans le cadre de la ZAC des Bergères.

 


52 rue Eugène Eichenberger

Immeuble très dégradé.

 


7 rue Pitois

Immeuble très dégradé.

 


11 rue Benoît Malon

Immeuble très dégradé.

 


74 rue Jean Jaurès

Un appartement insalubre.

 

 

Si vous habitez l’un de ces immeubles, si avez des informations complémentaires à nous apporter ou si vous avez connaissance d’autres immeubles fortement dégradés à Puteaux, contactez nous :

contact@citoyensputeaux.fr