Puteaux terre de modernité artistique

Puteaux terre de modernité artistique

Par Anna Fryde-Monsonego

C’était il y a quelques années, dans l’atmosphère ouatée d’un cours d’histoire de l’art du XXème siècle, quelques mots me sortent de ma léthargie : le Groupe de Puteaux, la section d’or. Je me redresse, prête l’oreille plus attentivement et j’apprends alors qu’un des mouvement fondateur de l’art contemporain est né à Puteaux, oui notre Puteaux, et que de jeunes artistes en ce début du XXème siècle vont faire de notre ville le symbole de la modernité.

Qu’est ce que l’école de Puteaux ou la Section d’or ?

De 1911 à 1914 de jeunes peintres, poètes, critiques d’art et mathématiciens se retrouvent régulièrement dans l’atelier de Jacques Villon, frère de Marcel Duchamp et Raymond Duchamp-Villon, situé rue Lemaitre à Puteaux. Parmi eux des noms devenus célèbres : Frantisek Kupka, Francis Picabia, Fernand Leger, Alexandre Calder, Guillaume Apollinaire…

Cet atelier et le restaurant de Camille dans lequel ils se retrouvent régulièrement deviennent alors de formidables lieux de création et de recherche artistique. Leur intérêt se porte sur les sciences, les machines, le mouvement. Ils se font aussi appeler « le cercle d’or » car leurs compositions vont s’organiser autour du nombre d’or ou « divine proportion » apparue à l’Antiquité et reprise à la Renaissance.

Au même moment Picasso et Braque travaillent sur une nouvelle représentation de la forme et aboutissent à ce qui va devenir le Cubisme auquel nos putéoliens vont tout de suite adhérer. Ils vont aller plus loin en cherchant à animer ces représentations éclatées et s’attirer ainsi la désapprobation des « cubistes ».

Aujourd’hui, le quartier d’affaires La Défense, symbole de la modernité architecturale, a recouvert ce lieu de foisonnement artistique dans lequel de jeunes créateurs ont posé les premières pierres de l’art contemporain.

Une œuvre est représentative de ce courant : « Nu descendant l’escalier n°2 » peint par Marcel Duchamp.

« Nu descendant l’escalier n°2 » de Marcel Duchamp

146×89 cm, 1912

Coté sciences : Marcel Duchamp s’est inspiré, pour la décomposition du mouvement, des chronophotographies ou « time-lapse » d’Edweard Muybridge, précurseur de l’image animée. Ici le mouvement est aussi représenté par des lignes courbes et en pointillés

Côté couleurs : La palette est composée d’un camaïeu de bruns comme les premières compositions cubistes de Braque et Picasso. Le corps en mouvement est dans des tons clairs et le décor fixe est foncé.

Côté histoire de l’art : Le nu est un sujet classique en histoire de l’art, mais ici il n’a pas de sexe et il s’efface au profit du mouvement.

Côté titre : Cette œuvre est intitulée n°2, elle est le résultat d’une longue recherche graphique. Duchamp en a fait 2 versions en peinture la n°1 en 1911 et celle ci, qui pour lui, est la plus aboutie.

« Nu descendant l’escalier n°2 » est exposé au Philadelphia Museum of Art. De nombreuses œuvres de Marcel Duchamp sont exposées au Musée Georges Pompidou et au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

 

Pour finir, un jeu pour tester votre mémoire et affiner votre observation.

 

1/ Une chronophotographie permet de décomposer :

  • Le corps
  • Le mouvement
  • La couleur

 

2/ Jacques Villon est :

  • Le frère de Marcel Duchamp
  • Le père
  • Le marchand

 

3/ Que remarquez vous en bas à gauche du tableau ?

  • Une mouche
  • Un vase
  • Le titre de l’œuvre

 

Vous souhaitez en savoir plus sur ce mouvement artistique

 

 

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